En Martinique, l’archéologie sous-marine protège notre patrimoine culturel maritime. Toute fouille sous-marine doit être autorisée par le ministère : en mer, c’est le DRASSM ; en eau intérieure, le SRA. La loi sur les biens culturels maritimes précise que les épaves sans propriétaire identifié dans le domaine public appartiennent à l’État.
Vous trouvez une épave ou un objet ? Ne touchez à rien. Notez la position (GPS/amer), la profondeur, la nature du fond et prenez des photos sans prélèvement. Déclarez aussitôt la découverte aux Affaires maritimes – Direction de la Mer (Martinique). L’ARVPAM peut vous guider pour une démarche conforme (archéologie subaquatique, fouilles sous-marines, Martinique).
Contacts utiles — DRASSM (147, plage de l’Estaque, 13016 Marseille) • Affaires maritimes – Direction de la Mer (bd Chevalier Ste-Marthe, 97200 Fort-de-France)

Ce que dit la loi
Que faire en cas de découverte ?
Histoires des Naufrages
Nos expositions retracent, par les objets exposés, l'histoire de 8 navires qui ont coulé dans les eaux martiniquaises.

Le HMS RAISONABLE 1754-1762

-
Vaisseau Français de 64 canons de la même classe que «l’Artésien»
-
Construit à Rochefort en 1754
-
Equipage composé de 480 hommes
-
1300 tonneaux
-
Capturé par les Anglais en 1758, devenant le HMS RAISONABLE
DESCRIPTIF :
Histoire :
Pendant l’attaque de la flotte Anglaise de la Martinique en 1762, le HMS RAISONABLE, commandé par le capitaine Molyneux SHULDHAM, s’échoue au large des Salines, après une canonnade face à une batterie côtière. Les canons seront récupérés par les Français.
Le HMS RAISONABLE est un ancien bateau Français. Il a été capturé par les Anglais dans le Golfe de Gascogne en 1758 par le HMS Dorsetshire (70 canons ) et le HMS Achille ( 60 canons ).
TEMOIGNAGE :
«Le HMS Dorsetshire, commandé par le capitaine DENIS, prend en chasse le Raisonnable, vaisseau Français de 64 canons, commandé par Louis de ROHAN.
Le capitaine Denis réussit à amener le Dorsetshire à côté du navire français. Après deux heures d’un féroce engagement contre le bord du Raisonnable, DENIS force avec succès Rohan à baisser pavillon. Le vaisseau HMS Achille, de Barrington, n'arrive à bout portant que dans les dernières minutes, confirmant la capitulation française. Les pertes françaises sont lourdes, avec 61 morts et 100 blessés. »
N ° 9790" La London Gazette . 9 mai 1758
http://www.patrickchevailler.fr/fr/marines/martinique/mart-2
La "CARAVANE" 1808-1817

-
Corvette Française de 24 canons
-
Construite à Bayonne en 1808
-
Capitaine : LENORMANT DE KERGRISTT
-
Equipage composé de 150 hommes
-
800 tonneaux
DESCRIPTIF :
Histoire :
La Caravane sombre lors du cyclone de 1817 sur des récifs du sud de la Martinique. Le navire transportait de la marchandise, des militaires créoles et quelques civils de retour au pays. Epave inventée par Jean-Claude LE SELLIN et Joël COSTIL en 1990. En Novembre 1991, Jean-Michel et Jean-Sébastien FRANCE accompagnés de Philippe BERTHENNET redécouvrent le site et découvrent divers objets dont le plomb de sonde et une cloche datée 1632. La campagne de fouille du GRAN de l’été 1992 permet d’identifier le navire comme étant la « Caravane ». L’inscription sur le plomb de sonde, la vingtaine de canons, le doublage de cuivre de la coque et la découverte de deux ancres dans le sud est du site, correspondent au récit du naufrage de la « Caravane », relaté dans les archives de « La France maritime ».
TEMOIGNAGE :
« Le jour venu, et le vent étant déjà bien calmé, ils réussissent, avec des radeaux de fortune, à mettre à l’abri les femmes et les enfants et à évacuer pratiquement tout l’équipage. Quelques esclaves, alertés par les premiers sauvetés, arment une pirogue et portent secours aux derniers membres d’équipage. »
Extrait du récit du sauvetage des passagers et de l’équipage de la « Caravane » par Amédée GREHAN (journal La France Maritime) 1848
Lien video : https://www.youtube.com/watch?v=usI3ULV3qwQ
Le "CYGNE" 1806-1808

DESCRIPTIF :
-
Type de navire : Brick de 2 canons de 8 et 14 caronades de 24
-
Construit au Havre en avril 1806 et mis à l’eau le 12 Septembre 1806
-
Equipage composé de 86 hommes et 10 passagers
-
Caractéristiques : 27 mètres de long, 8 mètres de large.
Histoire :
Une bataille de deux jours.
Le 10 Novembre 1808, le brick impérial le « Cygne », commandé par le lieutenant de vaisseau MENOUVRIER DEFRESNE, appareille de CHERBOURG pour ravitailler la Martinique en munitions de guerre et en vivres.
Le 12 Décembre au matin, le Cygne mouille dans l’anse du Céron. Il est alors attaqué par une escadre Anglaise de 8 navires, dont deux frégates. Le Cygne riposte et repousse une attaque de trois chaloupes pleines de soldats Britanniques.
Le lendemain, le navire Anglais HMS AMARANTHE, de 16 caronades, ouvre le feu, protégeant les chaloupes de la Circé et du Stork, qui vont tenter de prendre le « Cygne » à l’abordage. L’équipage Français riposte, résiste et refoule les Anglais hors de son bord, après de terribles corps à corps.
Peu après, en voulant rejoindre SAINT-PIERRE, le « Cygne » s’échoue sur une roche à la sortie du PRECHEUR. Vidé de son équipage, il est alors capturé et incendié par les Anglais. On dénombre 9 morts, 21 blessés et trois chaloupes coulées côté Anglais. Le « Cygne » ne compte que 5 blessés mais le navire est perdu.
L’épave a été localisée en 1991 par Messieurs : MARC GUILLAUME et MAX GUEROUT du Groupe de Recherches en Archéologie Navale
TEMOIGNAGE :
« Cependant, les bricks me canonnaient sans cesse. Ils m’envoyèrent 4 péniches dont plusieurs portaient plus de 50 hommes. Elles parvinrent à m’accoster, quoique toutes désemparées par le feu rouge de ma batterie. Elles furent toutes coulées bas par des boulets lancés des hunes. Les ennemis qui se sont approchés de mon bord y ont tous trouvé la mort. Aucun d’eux n’a pu franchir mon bastingage ni mettre un pied sur le pont.»
Extrait du rapport du Lieutenant de Vaisseau : MENOUVRIER DEFRESNE
Extrait de la Revue de Paris 1843
Le "CATO" 1869-1895

DESCRIPTIF :
-
Trois-mâts barque, 30 mètres de long, 342 tonneaux
-
Nationalité Norvégienne
-
Construit à Grimstadt en 1869 et basé à Arendal.
-
Capitaine lors du naufrage : J. Johannesen
-
Voilier transportant du charbon
Histoire :
Le « CATO » appareille du Port d’Arendal le 27 Juillet 1893. Il fait escale à Newport en Grande Bretagne (voir pièce n°6), ou il embarque une cargaison de charbon.
Il naufrage sur les caye du VAUCLIN en 1895. L’équipage est sauvé.
Le charbon n’étant pas utilisé dans les sucreries, la cargaison du « CATO » était sans doute destinée à constituer une réserve dans les ports desservis à l’époque par les premiers navires à vapeur.
C’est en 1977 que deux plongeurs du « COREMA » (Comité Régional Martinique de plongée) localisent le site découvert en apnée par Monsieur Pierre BREST.
Cette épave est redécouverte en 1992 par Monsieur Emmanuel CELIMENE,
marin- pêcheur du Vauclin.
C’est le Groupe de Recherches en Archéologie Navale (GRAN) qui effectue un sondage sur le site, permettant de mettre à jour des éléments de charpente et de remonter un certain nombre d’objets personnels que vous découvrez maintenant.
Les officiers du bord devaient être mélomanes puisqu’une flûte traversière, trouvée non loin de la longue-vue, a été découverte, une belle façon de passer le temps dans l’immensité de l’Océan.
Le TAMAYA 1862-1902

DESCRIPTIF :
-
Voilier Trois-mâts carrés de 566 tonneaux de jauge brute.
-
Construit en fer en 1862 au chantier de Liverpool (Grande Bretagne).
-
Immatriculation au long cour n°356.
-
Appartenant à la maison Française Pitre ROZIER & Cie, armateur de Nantes.
-
Armé le 18 février 1902 en partance pour la Martinique
-
Capitaine : Mathéo THEOPHILE
-
Né le 30 août 1860 à l’île aux Moines, département du Morbihan.
Histoire :
Ce splendide navire aux formes élancées brûla et coula immédiatement lors de l’explosion de la Montagne Pelée, le 8 mai 1902, à Saint Pierre, entraînant la mort de la totalité de l’équipage.
Le « TAMAYA » fut rayé de l’effectif de la marine marchande le 21 juillet 1902.
Son épave a été découverte en 1984 par le navire océanographique d’Entrecasteaux et identifié grâce à sa cloche découverte par 85 mètres de fond par Monsieur MICHEL METERY.
TEMOIGNAGE :
Raymond CREQUER était mousse sur le Tamaya.
Le commandant Hervé CREQUER (son petit-neveu) a plongé sur les épaves : « C’était naturel que le fils d’une famille de marin fasse marin. C’est ce qui est sans doute arrivé à Raymond Créquer qui s’est retrouvé en Martinique sur le Tamaya. On ne lui a sans doute pas laissé le choix. Son père a dû lui dire : « je t’ai trouvé un embarquement comme mousse sur le Tamaya ; tu embarques maintenant ! «.
Quand il est décédé, il avait 16 ans. L’acte de décès de mon grand-oncle est daté de 1908, alors qu’il a été porté disparu en 1902. Les corps n’ayant jamais été retrouvés, plusieurs familles de l’île aux Moines sont restées ainsi dans l’interrogation pendant plusieurs années. »
Le RORAIMA 1883-1902

DESCRIPTIF :
-
Type de navire : Cargo à vapeur mixte fret /passagers, coque métal acier
-
Construit à Glasgow (Ecosse) par les chantiers Aitken et Mansel en 1883, porte le nom de GHAZEE avant d’être rebaptisé « le RORAIMA » en 1900.
-
Capitaine : MUGGAH
-
Caractéristiques : 120 mètres de long, 25 mètres de large.
-
Jauge : 2712 tonneaux.
Histoire :
Le « Roraïma » arrive à Saint-Pierre le 8 mai 1902, quelques heures avant l’éruption. Gravement endommagé par la nuée ardente et le raz-de-marée qui s’ensuit, le « Roraima » et sa cargaison de potassium continuèrent à brûler pendant 3 jours avant que le navire moribond finisse par sombrer.
Sur les 68 passagers et membres de l’équipage, 11 survivront.
Soixante douze ans après, en 1974, MICHEL METERY, qui a entrepris l'exploration de la baie de Saint-Pierre, retrouve l'épave du « Roraïma » par 50 mètres de fond.
TEMOIGNAGE :
« Une avalanche de pierres incandescentes, de fanges bouillantes et des gouttes de feu, s’abattit sur le bâtiment comme une volée de mitraille.
En même temps, toute l’eau du port semblait se ramasser en bloc pour se ruer à l’assaut des navires, qui, soulevés par l’énorme vague, parurent couler à pic. Quand le raz-de-marée atteignit le « Roraïma », ce fut un effroyable coup de tangage.
Tout fut rasé sur le pont : les mâts, les cheminées, et les embarcations. »
Rapport de Mr ELLERY SCOTT, Officier sur le « Roraïma ».
Le TERESA LO VICO 1874-1902

DESCRIPTIF :
-
Type de navire : voilier en bois avec une coque doublée de plaques de cuivre
-
Construit à SESTRI (Italie) en 1874
-
Capacité : 585 tonneaux.
Histoire :
Le « Teresa Lo Vico » transporte une cargaison de fournitures de construction comprenant des carreaux, de la corde et du ciment en fûts.
Le plomb qu’il transporte est destiné à fabriquer des canalisations.
Le 8 mai 1902, le « Teresa Lo Vico » se trouve dans la baie de St pierre, à 50 mètres de la côte, au bas de la rue d’Orange (extrême Sud de la ville).
A 7h58, la montagne Pelée s'ouvre, expulsant un immense nuage de cendre, boue, cailloux, gaz brûlant. L'obscurité se fait sur Saint-Pierre. La nuée ardente, d'une température d'environ 1.000°c, fonce à près de 400 kms/h sur la ville, éclatant, pulvérisant, calcinant tout sur son passage.
En quelques secondes la ville n'est plus qu'un champ de ruines. Ce cyclone de feu frappe ensuite la mer, soulevant une énorme vague qui couche littéralement les bâtiments.
L’épave de la TERESA a été redécouverte dans les années 70 par MICHEL METERY.
TEMOIGNAGE :
Jean-Louis PRUDENT était mécanicien à bord de la « Teresa Lo Vico ».
Vers 8 h, il vit partir du cratère une masse énorme, violacée, sans flammes, rasant la terre et se dirigeant vers la ville. L’obscurité se fit aussitôt. Prudent tomba à l’entrée du poste et fut recouvert par ses camarades projetés sur lui [...] Il n’a eu de brûlures qu’aux parties découvertes […] Prudent a insisté sur ce que l’eau de la mer n’était pas chaude et qu’il n’a senti aucune odeur spéciale. Avec une énergie rare, il s’est jeté à la mer, s’est cramponné à une barque vide, est parvenu à y faire rouler sa femme, sa bonne, la femme du capitaine et 9 matelots blessés (le capitaine était mort). Avec les plus grandes difficultés, il a pu se diriger vers Le Carbet, où il a été recueilli par le navire « Suchet ».
Extrait de « La Montagne Pelée et ses éruptions » d’Alfred LACROIX éditions Masson, 1904
Extrait : « TAMAYA » de Michel METERY aux Editions Glénat 1984